Category: Livres,Romans et littérature,Biographies
Retour vers David Goodis Details
En 1947, David Goodis a le monde dans sa poche - un film à succès avec Humphrey Bogart et Lauren Bacall tiré de son roman Dark Passage, un emploi lucratif dans l'un des plus grands studios de Hollywood, et une foule de livres et d'idées qui percolent dans son imagination fertile. La décennie à peine terminée, il balance tout aux orties. Goodis revient à Philadelphie vivre chez ses parents et son frère cadet handicapé mental, où il passe les années 50 à écrire des romans quasi pornographiques pour les éditeurs de livres de poche les moins respectables. Il aurait pu être complètement oublié s'il n'avait été "reconnu" en France, publié dans la légendaire Série Noire, et porté aux nues par les intellectuels de St-Germain-des-Prés pour ses héros "existentiels". Suivant l'exemple de François Truffaut (Tirez sur le pianiste, 1960), les cinéastes ont fait de beaucoup de ses livres des films que l'auteur - mort en 1967 à 49 ans - n'a jamais pu voir. En été 1982, le journaliste Philippe Garnier, travaillant alors pour l'émission Cinéma, Cinémas, décide de satisfaire sa curiosité sur David Goodis : pourquoi était-il adulé en France, mais virtuellement inconnu dans son propre pays ? Pourquoi avait-il abandonné une existence que beaucoup d'écrivains auraient tué pour avoir ? Et qu'en était-il des rumeurs concernant les singuliers penchants sexuels de l'auteur ? Publié aux Éditions du Seuil en 1984, Goodis : La vie en noir et blanc proposait une autre forme de non-fiction en France. Moins qu'une biographie, ou qu'un livre de plus sur le polar, c'était un essai sur la culture américaine dans tous ses états : industrie des pulps et des paperbacks, cinéma, télévision. Et surtout une enquête sur la littérature populaire et les images ou clichés qui la parasitent au point, parfois, de prendre sa place. Plus de trente ans après, l'auteur se penche de nouveau sur Goodis, incorpore les découvertes faites entre temps, corrige les erreurs, ajoute de nombreuses illustrations, et rend compte du culte dont Goodis fait désormais l'objet en Amérique, notamment dans sa ville natale de Philadelphie.

Reviews
Bim et il remet ça ! Plus de trente ans après, Garnier nous refait l'histoire de David Goodis. Et c'est passionnant d'un bout à l'autre. Car Garnier revoit donc sa copie et nous livre la nouvelle version, plus accomplie, avec plus de recul aussi, sur ce personnage extravagant et auteur notoire de romans noirs qu'était Goodis.Un auteur atypique et étrange, un personnage bizarre et insaisissable, nous voilà de nouveau replongé dans le mystère David Goodis. Garnier nous raconte sa quête, glanant les informations au compte-gouttes et en lançant nombre de bouteilles à la mer, tel un privé qui serait sur un sale coup vicieux. On s'y croirait et l'enquête est un régal du genre.Amateurs de Série Noire, vous pouvez foncer mais pas que. On se retrouve également projeté dans le monde des studios hollywoodiens puisque les histoires de Goodis ont toujours séduit les caméras. On en apprend donc pas mal sur les méthodes pour monter un film ou pour que les projets capotent. Les amateurs de jazz seront également servis puisque c'est l'idéale et évidente bande-son du périple. Pour peu que vous aimiez à la fois les romans noirs, le Hollywood des années 40 et 50 et aussi le jazz, là, vous êtes vernis et vous avez frappé à la bonne porte.Ce livre se dévore tout seul, sans effort, fort d'une foultitude d'anecdotes savoureuses (ah, ce Michael Curtiz, ce Jerry Wald !) et de fines analyses sur les turpitudes de l'écriture pour les paperbacks et les pulps. Un régal d'autant plus complet que les illustrations abondent et sont juste parfaites, un travail d'édition superbe. Quand on referme le livre, on se dit qu'on a fait un rudement beau voyage. Dans le temps et dans l'espace mais aussi à propos de tout un pan de la culture populaire de la première moitié du siècle. Garnier, (ra)conteur hors-pair, encore une fois. Son meilleur livre à ce jour ? ?a se pourrait bien. Splendide.


0 Comments:
Posting Komentar